Stellantis Douvrin : fin des moteurs thermiques le 30 octobre, ce que révèle une fermeture progressive

Le 30 octobre, l’usine Stellantis de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, cessera définitivement de produire des moteurs thermiques : une page de plus de cinquante ans de mécanique française se tourne, et le cas offre une leçon concrète sur la fermeture progressive d’un site industriel.

En bref
  • Arrêt de la production de moteurs thermiques à Douvrin le 30 octobre 2026.
  • 337 salariés ont été accompagnés en un an vers une mobilité interne, externe ou un plan senior.
  • Plus de 40 millions de moteurs sont sortis du site depuis sa création en 1969.

Que se passe-t-il à Douvrin le 30 octobre ? #

La date a été fixée lors d’un comité social et économique extraordinaire, le 16 juillet dernier. Selon la dépêche reprise par L’Info Durable, Stellantis avait annoncé un an plus tôt la fin des moteurs thermiques sur ce site, sans en préciser alors le jour exact.

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Le constructeur justifie l’échéance par l’effectif restant : il reste moins de 50 salariés en CDI à reconvertir et une cinquantaine d’intérimaires. En dessous de ce seuil, les lignes ne peuvent plus tourner dans des conditions normales.

Côté syndical, Laurent Oechsel, délégué central CFE-CGC, syndicat majoritaire, a jugé ce calendrier « conforme à ce qu’on avait convenu avec la direction » : la production devait continuer tant qu’il restait des salariés pour la faire tourner.

Comment s’est organisée la décrue des effectifs ? #

Le point le plus instructif pour les industriels est la méthode. D’après Stellantis, 337 salariés ont été accompagnés en un an vers trois voies : la mobilité interne dans le groupe, la mobilité externe et des plans seniors.

Une partie a rejoint la gigafactory ACC voisine, qui fabrique des batteries pour l’automobile. Stellantis en est l’actionnaire principal, aux côtés de TotalEnergies, via Saft, et de Mercedes-Benz, rappelle Les Voitures.

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Ce schéma, où l’activité ancienne s’éteint au rythme des départs plutôt qu’à une date arbitraire, limite la rupture brutale. Il suppose en revanche un site de reconversion proche, capable d’absorber des compétences de production et de maintenance.

Quels moteurs sont sortis de l’usine ? #

Fondée en 1969 sous le nom de Française de Mécanique par Peugeot et la Régie Renault, l’usine est née dans un bassin minier en déclin. Elle aura produit plus de 40 millions de moteurs en un peu plus d’un demi-siècle.

Parmi les blocs les plus connus figure le V6 PRV, conçu par Peugeot, Renault et Volvo, qui a notamment équipé la DeLorean DMC-12 rendue célèbre par Retour vers le futur. Plus récemment, le site assemblait des versions des moteurs PureTech et BlueHDi.

Selon Les Voitures, l’arrêt du 1.5 BlueHDi, dit DV5, est intervenu fin 2025. Le 1.2 PureTech, dit EB2, est le dernier bloc thermique à quitter les lignes d’assemblage du site cette année.

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Que retenir pour la gestion d’une fin d’activité industrielle ? #

Une fermeture de ligne ne se résume pas au dernier jour de production. Elle pose des questions d’expertise très concrètes : inventaire et devenir des équipements, dépollution et remise en état des zones de production, conservation des archives techniques, sort des stocks de pièces de rechange.

Le cas de Douvrin rappelle aussi l’importance de la gestion des compétences. Les savoir-faire d’usinage, de contrôle qualité et de maintenance acquis sur des moteurs thermiques ne disparaissent pas : ils se transfèrent, à condition d’être identifiés et accompagnés en amont.

Enfin, la temporalité compte. Ici, plus d’un an s’est écoulé entre l’annonce de la fin des moteurs thermiques et la date d’arrêt effective. Ce délai a permis d’étaler les départs, de négocier avec les représentants du personnel et de préparer les mobilités.

Que devient le site après le 30 octobre ? #

Les sources publiées à ce jour ne détaillent pas le devenir des bâtiments ni des équipements une fois la production arrêtée. Le principal enjeu humain restant concerne les salariés encore en poste, dont la reconversion doit se poursuivre.

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À l’échelle du bassin, l’implantation d’ACC montre que l’emploi industriel se déplace vers la batterie plutôt qu’il ne disparaît. Reste à savoir si ces nouvelles activités compenseront durablement les volumes historiques du site, qui a compté jusqu’à 5 800 salariés selon Les Voitures.

Questions fréquentes #

Pourquoi Stellantis arrête-t-il la production à Douvrin ?

Le groupe met fin aux moteurs thermiques sur ce site et explique que l’effectif restant ne permet plus de faire tourner les lignes.

Que sont devenus les salariés ?

Selon Stellantis, 337 d’entre eux ont été orientés en un an vers une mobilité interne, externe ou un plan senior, certains vers la gigafactory ACC.

Quel est le dernier moteur produit sur place ?

Le 1.2 PureTech, dernier bloc thermique encore assemblé à Douvrin en 2026.

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