Fonderie de Bretagne : le diagnostic d’une liquidation après soixante ans à Caudan

Le tribunal de commerce de Lorient a prononcé le 15 octobre la liquidation judiciaire de la Fonderie de Bretagne, à Caudan : faute de repreneur, le site ferme après soixante ans d’activité et 244 salariés perdent leur emploi.

En bref
  • Liquidation judiciaire prononcée à Lorient, sans offre de reprise retenue.
  • 244 salariés concernés, d’une moyenne d’âge de 49 ans.
  • Un site capable de 40 000 tonnes par an, mais utilisé à moins de la moitié depuis 2020 selon la CGT.
  • Deux incendies, en 2019 et en janvier 2026, ont lourdement pesé sur l’outil.

Que s’est-il passé au tribunal de Lorient ? #

D’après Bretagne Économique, le tribunal de commerce de Lorient a prononcé la liquidation de la fonderie de Caudan le jeudi 15 octobre. Aucune solution de reprise n’a permis de poursuivre l’activité, et 244 emplois disparaissent.

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Le site avait été placé en redressement judiciaire en juillet 2026 pour cessation de paiements. Selon NVO, trois offres de reprise ont été écartées, et des salariés sont restés quinze jours sans salaire en septembre.

Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, a qualifié la décision de « coup très dur pour les salariés et leurs familles », assurant que la Région « prendra toute sa part ». Les salariés sont convoqués par France Travail à des réunions collectives le jeudi 29 octobre.

Un site trop dépendant d’un seul client #

Pour comprendre cette fin, il faut remonter l’histoire de l’usine. En 1966, la Société bretonne de fonderie et de mécanique (SBFM) prend le relais des Forges d’Hennebont, avec Renault comme principal actionnaire et client. Le constructeur cède le site à Teksid en 1999, il passe à Zen en 2006, puis Renault le reprend en 2009.

En 2021, Renault sort à nouveau du capital dans le cadre de son plan d’économies, et la fonderie est vendue en 2022 au fonds allemand Callista. Une cession ultérieure échoue, rapporte NVO, après le refus du constructeur de s’engager sur des volumes de commandes jusqu’en 2028. Au printemps 2025, le groupe Europlasma reprend le site en promettant une diversification, notamment vers la défense.

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La question des volumes

Pour Maël Le Goff, secrétaire général de la CGT de l’usine, le problème central est celui de la charge : la fonderie pouvait produire 40 000 tonnes par an, mais tournait à moins de 50 % de ses capacités depuis 2020. Dans une fonderie, où les fours et les lignes de moulage représentent des coûts fixes élevés, un tel taux d’utilisation rend l’équilibre économique très difficile.

Deux incendies qui ont fragilisé l’outil #

Le diagnostic industriel ne peut pas ignorer les sinistres. En 2019, un incendie sur la ligne de moulage a interrompu la production pendant 19 mois de travaux. En janvier 2026, un nouvel incendie a touché un four, et l’activité n’a jamais vraiment redémarré, selon NVO.

Chaque arrêt long a un double effet. Il prive l’usine de chiffre d’affaires, et il pousse les clients à sécuriser leurs approvisionnements ailleurs. Une fois les pièces requalifiées chez un autre fournisseur, les volumes reviennent rarement.

Des promesses d’investissement non tenues

Europlasma avait annoncé 15 millions d’euros d’investissements sur trois ans et une diversification vers la production d’obus. NVO rapporte qu’aucune de ces promesses n’a été tenue. Sans modernisation ni nouveaux marchés, l’outil a continué de vieillir sans relais de croissance.

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Quels enseignements pour un diagnostic d’usine ? #

Le cas de Caudan réunit plusieurs signaux qu’un audit industriel doit repérer tôt. Le premier est la concentration du chiffre d’affaires : quand un client unique décide des volumes, la valeur du site dépend de ses arbitrages, pas de la performance de l’usine.

Le deuxième est le taux d’utilisation durablement bas. Sous la moitié des capacités, chaque tonne porte une part trop lourde des coûts fixes, et la marge disparaît même avec un outil fonctionnel.

Le troisième est la résilience face aux sinistres : plan de continuité, redondance des équipements critiques comme les fours, couverture d’assurance en perte d’exploitation. Enfin, la solidité financière et industrielle des repreneurs successifs mérite d’être évaluée sur pièces, au-delà des annonces.

Pour les 244 salariés, l’urgence est désormais ailleurs : leurs représentants veulent obtenir de meilleures conditions de départ, et la CGT prévoit de créer une association pour accompagner les anciens fondeurs dans leurs démarches.

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Questions fréquentes #

Quand la Fonderie de Bretagne a-t-elle été liquidée ?

Le tribunal de commerce de Lorient a prononcé la liquidation judiciaire le jeudi 15 octobre 2026, après un redressement ouvert en juillet.

Combien de salariés sont touchés ?

244 salariés, dont la moyenne d’âge est de 49 ans selon NVO.

Pourquoi aucune reprise n’a abouti ?

Selon les sources syndicales, le site souffrait d’une sous-charge chronique et de la dépendance aux commandes de Renault, aggravées par l’incendie d’un four en janvier 2026 qui a stoppé durablement la production.

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